
Ce
dossier est traité par Jean-Louis Reynaud,
Consultant Mécanicien Naval - Webmaster.
L'ENTRETIEN
DES ACCUMULATEURS AU PLOMB
En 1800,
un physicien Italien, Alessandro VOLTA invente la première pile à
courant continu dite pile Voltaïque.
Cette découverte va être une véritable révolution
dans ce domaine de la physique. L'électricité, jusque-là
statique, devient dynamique. Ce procédé sera amélioré
puis breveté en 1881 par FAURE et 1882 par SELLON pour devenir l'accumulateur
au plomb, plus communément appelé batterie. Depuis cette date,
les constructeurs se sont efforcé d'améliorer le procédé
en utilisant des matériaux plus performants aux fins d'un meilleur
rendement, coût et poids.
Sur un navire, pour alimenter le matériel électrique et électronique,
démarrer les moteurs, l'énergie est stockée dans des
accumulateurs au plomb.
Plus en mer qu'à terre, lorsqu'un moteur de propulsion ne démarre
pas par manque d'énergie dans une zone de fort courant ou face à
des hauts fonds, les conséquences peuvent devenir dramatique. Nous
nous proposons dans la présente étude d'examiner l'entretien
des accumulateurs au plomb.
Une batterie est caractérisée par sa tension (en général
un multiple de 2 volts, taille d'un élément) et par sa capacité
qui est exprimée en ampère/heure, c'est le produit d'un courant
par un temps de décharge. Elle est constitué de grilles en plaques
de plomb enserrées dans des barreaux verticaux et horizontaux retenant
la matière active : le plomb spongieux pour les plaques négatives
et du bioxyde de plomb pour les plaques positives, le tout plongé dans
l'acide sulfurique de l'électrolyte.
Son principe de fonctionnement est basé sur une réaction chimique
entre deux corps qui engendre un déséquilibre électronique
par manque et excès d'électrons sur les plaques.
- Pendant le cycle de décharge, l'acide contenu dans l'électrolyte
se combine au plomb des plaques pour former du sulfate de plomb. L'électrolyte
s'appauvrit en acide.
- Lors de la charge c'est la réaction inverse qui se produit, le sulfate
de plomb se transforme en bioxyde de plomb sur la plaque positive et en plomb
spongieux sur la plaque négative.
Avant d'assurer l'entretien des accumulateurs au plomb plusieurs précautions
doivent être respectées :
Par le fait qu'ils renferment de l'acide sulfure et qu'ils peuvent produire
des gaz, leurs manipulations imposent quelques règles de sécurité
: Dans la mesure de possible, l'entretien se fera bateau à quai, bien
ventiler le local avant intervention, ne pas fumer et éviter tout feux
nu à proximité, il est possible d'avoir un dégagement
d'hydrogène donc risque d'explosion. Porter des vêtements recouvrant
tout le corps ainsi que des lunettes, éviter tout contact avec l'acide.
En cas de contact accidentel : rincer abondamment avec de l'eau savonneuse
ou avec une solution de bicarbonate de soude et consulter rapidement un médecin.
Avant de mettre la batterie en charge, il est conseillé d'enlever complètement
ce bouchon de couvrir l'ouverture avec un petit chiffon car le phénomène
d'ébullition qui se produit vers fin du processus de charge, impose
la présence d'une ouverture suffisante pour permettre la sortie des
gaz qui se dégagent en quantité importante.

Sur un navire par mesure
de sécurité plusieurs bancs de batteries y sont installés.
Certains sont destinés aux servitudes, éclairage, appareillage
électrique, circuits de commande, d'autres au démarrage des
moteurs principaux et annexe et certaines en cas de secours ou simplement
comme tampon, ils se trouvent à plusieurs endroits du bateau.
Nous pouvons considérer qu'une fréquence d'une fois par mois
pour les contrôles suivants sont nécessaire :
Dans un premier temps couper l'alimentation des chargeurs.
- Vérifier l'état
des cosses et connections, en cas d'oxydation, les nettoyer avec une brosse
métallique et les enduire de pâte de silicone ou de vaseline
pure fluide, jamais de graisse..
- Vérifier la sulfatation,
c'est à dire l'accumulation de sulfate de plomb sur les plaques, due
au fait que la recharge tend à délaisser les parties les plus
à l'intérieur des plaques. Ce phénomène est inévitable
dès que l'on décharge sérieusement une batterie, et s'aggrave
en l'absence de recharge complète.
La sulfatation peut devenir irrémédiable (batterie à
remplacer) si aucun remède n'y est apporté.
La solution consiste à égaliser régulièrement
les batteries c'est à dire : la survolter temporairement par un ampérage
contrôlé.
Les indices de la sulfatation sont les suivants :
Par capillarité le sulfate de plomb s'infiltre et remonte jusqu'aux
bornes de la batterie. La poudre blanche qu'il n'est pas rare de trouver sur
ces mêmes bornes est du sulfate de plomb.
Par ailleurs la capacité de la batterie diminue rapidement.
- Vérifier la différence de potentiel aux bornes des éléments
avec un voltmètre, circuit ouvert, c'est-à-dire sans courant
de décharge, elle doit être d'environ 2,1 V par élément.
Mesurer également la totalité du banc.
- Contrôler le poids spécifique de la solution électrolytique,
pour ce faire, on utilise un densimètre. On aspire à l'aide
de cet instrument une partie de la solution à l'intérieur d'un
tube de verre contenant un flotteur gradué en unités de poids
spécifique ou en degrés Baumé, ou plus simplement, selon
une échelle colorimétrique.
La graduation du poids spécifique va d'un minimum de 1,10 à
un maximum de 1,30. La position du flotteur dépend de la densité
de la solution électrolytique. Il convient de noter que le poids spécifique
de la solution est aussi fonction de la température. Il diminue lorsque
la solution se réchauffe, et inversement. Pour une batterie complètement
déchargée, elle descend à 1,15 .
La solution électrolytique d'une batterie doit toujours être
à son niveau normal au moment où l'on effectue la lecture. Ainsi,
le niveau doit dépasser de quelques millimètres le bord supérieur
des plaques qui constituent les électrodes. Si le niveau est trop bas,
la densité est excessive : s'il est trop haut, la densité est,
au contraire, inférieure à la valeur nominale.
- Contrôler le niveau de la solution électrolytique, surtout
après une longue période d'inactivité.
Au cours du fonctionnement de la batterie, l'acide sulfurique présent
dans l'électrolyte ne se dégrade jamais (sauf renversement accidentel
ou cassure du bac, qui est fragile).
En revanche, l'eau de la solution est sujette à évaporation,
d'où la nécessité de rétablir le niveau de l'électrolyte
en ajoutant périodiquement, une fois par mois, de l'eau distillée
uniquement (jamais de l'eau de robinet ni de l'acide, ni des prétendues
électrolytes spéciaux).
L'eau distillée doit être ajoutée dans une batterie au
repos et froide (20°C) jusqu'à recouvrir les séparateurs
d'environ 3 mm. Si la batterie est vraiment chargée, il faut que la
hauteur de la solution dépasse de 5 mm le bord supérieur des
séparateurs.
L'eau distillée doit être contenue dans des récipients
en terre ou en matière plastique bien propres. Les entonnoirs et les
baguettes qui viennent en contact avec l'eau distillée doivent être
de mêmes matières et jamais en métal.
- Contrôle de la mise à l'air libre. Chaque élément
possède un bouchon à vis ou à pression qui est muni généralement
d'un petit trou permettant la sortie des gaz résultant de différentes
réactions chimiques. Si ce trou est bouché, les gaz n'ont plus
possibilité de sortir et créent, à l'intérieur
de l'élément, une pression qui peut s'avérer nuisible.
Il contient donc de vérifier qu'il est bien libre chaque fois qu'on
inspecte la batterie.
En conclusion, nous pouvons dire que l'accumulateur au plomb doit être
régulièrement entretenu afin qu'il ai une durée de vie
normale (4 à 5 ans). Nonobstant du coût de remplacement d'un
tel élément, sont dysfonctionnement pourrait créer des
incidences sans commune mesure avec les contraintes d'une vérification
périodique.