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Ce dossier est traité par
notre confrère : B.
Duplessis,
Expert.
LA CORROSION
Qu’est-ce que la corrosion ?
La corrosion est le processus par lequel un métal retourne
à son état d’oxyde métallique d’origine.
Sur un bateau, il existe plusieurs types de corrosion :
-
Corrosion atmosphérique, sur
les parties « aériennes », maîtrisable
- Corrosion
galvanique, sur les zones immergées, maîtrisable
- Corrosion
sous tension électrique, sur le circuit électrique, maîtrisable
-
Corrosion par fatigue mécanique
sur les éléments fortement sollicités, non maîtrisable.
Les précautions à prendre pour contrôler ou limiter la corrosion
1)
Pour toutes les coques de toute nature :
Fixations et assemblages
Utiliser uniquement une visserie et
une boulonnerie en acier inoxydable d’une seule nuance : AISI 316 L ou
Z2 CNDT 17.13 (passif).
Pièces rapportées et ferrures diverses
Toutes les pièces rapportées sur la
coque sauf pour les coques en aluminium, doivent être réalisées
en acier inoxydable d’une seule nuance : norme AISI 316 L ou norme Z2 CNDT
17.13 (passif). De plus, placer des anodes sur :
- Coque, (lorsqu’elle est métallique) ;
- Arbre d’hélice ;
- Hélice ;
- Ferrures de gouvernail et autres éléments
mécaniques immergés ;
Assemblages hétéroclites
Tous les assemblages comportant des
métaux de nature différente doivent être isolés par des rondelles et canons
en Nylon et/ou par un revêtement les isolant parfaitement de l’air ambiant et/ou
de l’humidité. Le rivetage de pièces mécaniques sur un gréement en aluminium
se fera de préférence avec des rivets en Monel, mastiqués ou moment de leur
pose.
Contacts électriques
Tous les contacts électriques doivent
être protégés par une graisse ou une pulvérisation hydrophobe. Lorsque c’est
possible, les sertir sous tube thermo-rétractable.
Masses électriques
Relier les masses électriques entre
elles par une tresse de cuivre, (en aluminium pour les coques en aluminium),
et y raccorder :
- Les réservoirs en métal, ou mettre
le combustible en contact avec la masse
- Raccorder les vannes métalliques ;
- Raccorder l’arbre d’hélice ;
- Raccorder le tuyau d’arrivée de gaz,
(sauf pour une coque en aluminium) ;
- Raccorder un éventuel circuit parafoudre
muni d’éclateurs à gaz.
- Placer des dispositifs anti-siphon sur tous les réseaux reliés à la mer :
refroidissement, (primaire), du moteur, piquages pour éviers et toilette.
- Raccorder le gréement, en respectant la présence d’un éventuel circuit
parafoudre, et en s’assurant que la coque n’est pas mise à la masse, (cas des
mats posés sur un pont de coque métallique, comportant des cadènes soudées).
2)
Pour tous les bateaux métalliques :
- Installer un détecteur de fuites électriques sur les pôles (+) et (-) ;
- Le circuit électrique doit être bifilaire, aucun retour du pôle (-) par
la coque ;
- Chaque pôle doit être coupé par un coupe circuits de qualité ;
- Le moteur doit être monté en double isolation, avec mises à l’air libre
désamorçant tous les siphons sur le circuit eau de mer.
- Utiliser des vannes et piquages en
PVC armé de fibre de verre ;
3)
Pour les coques en bois et polyester,
en plus du § 1)
- Arbre d’hélice en acier inoxydable
et hélice en bronze munie d’une anode ;
- Tube d’étambot en acier inoxydable,
fibre de verre ou bronze ;
- Axe de gouvernail en acier inoxydable
relié à une anode ;
- Boulons de quille en acier inoxydable,
accessibles pour leur surveillance ;
- Quille en fonte ou acier, reliée au réseau de masse, convenablement traitée
contre la corrosion, (sablage et système de peintures de qualité professionnelle).
4)
Pour les coques en aluminium :
- Toutes les pièces rapportées sur la coque doivent être réalisées, si
possible, dans la même nuance que le métal de la coque, (à défaut en acier inoxydable
parfaitement isolé) ;
-
Arbre d’hélice et hélice en aluminium munis d’une anode ;
- Tube d’étambot en aluminium ;
- Systèmes de peintures anticorrosion strictement compatibles avec l’aluminium :
primers et antifouling sans oxydes métalliques, appliqués sur sablage au corindon ;
- Tous les assemblages inévitables comportant des métaux de natures différentes
doivent être soigneusement isolés de l’environnement et de l’humidité ;
- Éviter les contacts prolongés entre un mouillage « tout chaîne »
et la coque ;
- Placer des anodes pendantes durant les immobilisations prolongées ;
- Surveiller régulièrement les fuites électriques dans la coque.
5)
Pour les coques en acier :
- Arbre d’hélice en acier inoxydable et hélice en bronze, (ou inoxydable),
munis d’une anode ;
- Tube d’étambot en acier inoxydable ;
- Systèmes de peintures anticorrosion de qualité professionnelle, appliqué
sur sablage.
Quelques
points à surveiller pour éviter des problèmes fréquents
Propulsion
-
Épaisseur résiduelle
d’un tube d’étambot au bout de quelques années ;
-
Corrosion de
l’arbre d’hélice ;
-
Isolement et
corrosion d’un moteur.
Plans anti-dérive
-
Corrosion d’un
puits de dérive métallique ;
-
Corrosion et
étanchéité d’une quille métallique ;
-
Corrosion et
résistance des boulons de quille.
Appareil à gouverner
Corrosion et comportement d’un ensemble
appareil à gouverner :
- Tube de jaumière ;
- Axe de gouvernail ;
- Crapaudine, aiguillots et femelots.
Divers
-
Corrosion et pollution
des réservoirs
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